Ce film ne m’a pas fait grand effet. Certes il est sympathique, mais hormis de très bonnes interprétations à noter, je n’ai pas senti grande innovation. En fait, j’ai davantage eu l’impression de voir un remake de vieux films rock’n'roll du genre “Velvet Goldmine”. Une trame contant l’ascension d’un groupe puis sa chute plus ou moins douce. J’ai trouvé cette chute plutot gentille, je ne sais pas si le fait de voir des filles dans du trash a rendu ma vision plus fade. Qui sait. Le fait est que je n’ai pas accroché. Par contre j’ai bien apprécié la performance scénique de Kristen Stewart. ça change radicalement de la Bella nunuche qui a fait monter en flèche la figure de Miss Stewart. Un personnage plus réaliste et plus vif. Une attitude de garçon manqué, dans le cliché cent pour cent rebelle. Un vrai rôle en quelque sorte. comparé à tout ce que la demoiselle a put nous servir auparavant.
Petite bitch en herbe
Girl power crew
Une personnalité affranchie, affirmée et incisive. Le film peut se targuer d’authenticité a plus grande mesure quand on sait que Joan Jett elle-même a assurée la production exécutive du film. De ce fait l’histoire du groupe et son intimité vraie sont garantis dans la scénario. J’ai trouvé Dakota Fanning un peu plus lisse dans son rôle, mais elle se défend. Je lui reproche son manque d’expression, les insert et gros plan sauvent la face a beaucoup de ses scènes. Elle n’en demeure pas moins très bonne dans son rôle.
On a pas du tout limpression dun déjà vu, Naaaaaaaaan!
En bref, j’ai plutôt apprécié le film sans pour autant sauté au plafond. Un biopic cool qui permet de découvrir le parcours du premier groupe de rock féminin de l’histoire mais c’est tout.
L’histoire débute au siècle dernier dans un immense manoir anglais. La famille Whittaker attend l’arrivée de John Whittaker, premier né, de retour dans la demeure familiale avec sa nouvelle épouse. Larita. Larita est une jeune aventurière américaine, adepte des courses de voitures. Rien que l’idée fait dresser les cheveux sur la tête de Mrs Whittaker. Et c’est avec une froideur non dissimulée qu’elle accueille sa nouvelle belle fille. Si Mr.Whittaker , figure égarée dans le décor, semble charmée, ses deux vieilles filles, Hilda et Marion, reçoivent la nouvelle venue avec une impression mitigée.
Mrs Whittaker n’en démord pas. Son fils à épousé une gourgandine. La guerre des piques a commencée. S’ensuivent alors des séries de gags so british, exécutés avec classe et le flegme britannique typique d’une famille a la cruauté évidente. Une satire sociale est évidemment au rendez vous, conduisant malheureusement le cynisme a nous délivrer un dénouement avec un drame familial en toile de fond.
Ben Barnes qu’on pourrait croire l’un des principaux intéressés de la trame se retrouve reléguer au second plan par son personnage, John Whittaker, jeune homme trop lisse, amoureux naïf, un poil dirigé par sa mère. Inconscient de la fosse au lions dans laquelle il a entrainer sa jeune épouse. Ce n’est qu’a la fin que son masque candide tombe pur laisser place au désenchantement… Lorsqu’il est trop tard. Son incompréhension de certaines émotions et son arrogance l’auront empêché de tendre les bras au moment le plus opportun. Juste avant que la foule ne vous dévore…
Les secrets ravagent les coeurs innocents
J’ai été assez étonné qu’un tel film au titre français (“Un mariage de rêve”), peu ravageur, puisse m’emballer a ce point. On rit, on rit, j’avais oublié a quel point les comédies anglaises mettaient du baume au cœur. Mais la note finale laisse un gout amer a mon sens. Un peu trop dramatique, comparé au ton léger que peuvent laisser d’autres comédies anglaises type. Je suis assez déçu par cette fin, même si elle ne pouvait laisser de place a autre chose. Même si elle est réaliste, elle demeure un peu trop fataliste. Et même si on la sent arrivée a des kilomètres, on ne demande qu’a être trompé, car on souhaite nous aussi a resté un peu naïf, jusqu’au bout… Encore un peu.
A noter, un Kris Marshall en complice décalé accroché à son flegme britannique comme à une bouée de sauvetage.
La couleur pourpre conte l’histoire de deux soeurs Nettie et Célie dont la complicité n’a d’égale que l’amour qu’elles se portent. Un jour Celie est mariée de force à 15 ans à “Monsieur”, plus tard, sa soeur Nettie la rejoindra chez son mari pour fuir la tyrannie de leur père. Mais Monsieur, homme faible et cruel séparera les deux soeurs pour se venger de Nettie. S’ensuivront des années de brimades et de violence, aux cours desquelles Célie cherche à “survivre”. Plus tard, Shug la maitresse de Monsieur viendra s’installer sous leur toit, se liant d’amitié avec Célie et lui donnant la force de trouver les mots…
Ce film m’a tout bonnement bouleversé. Il n’y a pas d’autres mots. je ne m’attendais pas à un Spilberg de ce genre. un film traitant de la communauté noire, réalisé par un juif blanc, c’était tout bonnement “impensable” selon la critique américain de l’époque. J’ai adoré ce film, il m’a surpris par beaucoup de ces aspects et à réveillé plusieurs fois un sentiment d’injustice en moi. Dans un monde qui ne fait aucun cadeau, ou l’on prie Dieu en vain qu’il se passe quelque chose pour éprouver un infime espoir de voir la lumière au bout du tunnel. C’est un film très dur également, dés le début on plonge dans une situation tellement sombre et atroce que l’on demande comment une personne aussi jeune peut résister à tant d’horreurs.
Célie
L’innocence est en partie la force du personnage de Célie, interprété par la magnifique Whoopi Goldberg. Son charisme et son naturel ont su rendre honneur au personnage effacé et évolutif de la jeune Célie. C’est tout bonnement magique et une putain de source d’émotions! conseil: préparez les mouchoirs avant de voir ce film ( la je suis dans la merde, j’en ai pas a coté, le canapé est imbibé ).
Enfin, voyez cette œuvre cinématographique comme un pur concentré d’émotions vraies et intenses. Ce film a été nettement incompris lors de sa sortie, parce que onze nominations aux oscars et pas une seule récompense, c’est tout bonnement du gâchis ! Ce film est une œuvre d’art.
L’histoire => En 2154, Jake Sully, ancien marine, paraplégique, accepte de participer au programme Avatar, pour remplacer son défunt frère jumeau. Il est envoyé sur Pandora, une exoplanète couverte de jungle luxuriante, en orbite dans le système stellaire d’Alpha Centaurià 4,4 années-lumière de notre système solaire. Pandora est peuplée de formes de vie incroyables, aussi magnifiques que terrifiantes. Pandora est habitée par les Na’vi, une espèce humanoïde mais considérée comme primitive par les Terriens. Ils peuvent atteindre 3 mètres de haut, ont une queue et une peau bleue et vivent en harmonie avec leur environnement. Lorsque les humains arrivent sur la planète où ils ne peuvent respirer sans l’aide d’un masque, ils découvrent un minerai jusqu’alors inconnu dans le système solaire, l’Unobtainium, qui est la clé pour résoudre la crise énergétique sur Terre. Comme le plus gros gisement se situe dans le sous-sol d’un clan Na’vi, les Terriens décident de créer le programme Avatar, un programme de diplomatie, pour que les Humains aient la possibilité de déplacer le peuple Na’vi, afin d’extraire le minerai.
Jake a été recruté pour faire partie de l’expérience Avatar. Les « avatars » sont des êtres génétiquement modifiés possédant un corps Na’vi et un cerveau humain, contrôlable à distance par un humain grâce à des machines. Jake prend alors le contrôle d’un Avatar, ce qui lui permet, en plus de respirer librement, de pouvoir marcher à nouveau. Il est ensuite envoyé dans la jungle comme éclaireur, où il découvre les multiples beautés et dangers de Pandora. Il y rencontre une jeune femme Na’vi nommée Neytiri, princesse de son clan, dont la beauté n’a d’égale que la force, et qui l’emmène au sein de son clan. Au fil du temps Jake s’intègre dans le clan Na’vi et tombe amoureux de leur monde. Il se retrouve alors entre les forces militaires terriennes et les Na’vi, mais son choix est fait pour la bataille épique qui décidera du sort de Pandora.
Ce n’est pas un film fait pour le simple divertissement.
Ce n’est pas un film, c’est un fait.
Un fait avéré que toute existence a une raison, un conexion avec les autres, avec le reste, tout…
J’ai pensé a “La prophétie des Andes” en voyant AVATAR. Les Na’vi ayant acquis comme certitude les liens entre les différentes vies qui peuple le monde, le lien entre deux être vivant, qu’il soit humains, pierre ou arbre. L’échange de l’énergie, le don de soi a un tiers, a tous… Le Respect de toute chose, de tout être comme son égal et non sa différence. Le corps n’est qu’un corps, une enveloppe transportant une âme. L’énergie, se prête et se rend. La fin de la vie n’est pas la fin de toute chose. Il y a aussi la croyance en quelque chose de plus grand et qui est suffisamment fort pour aider a surmonter n’importe quel obstacle pourvu qu’on y croit/le veuille assez fort.
Plus je vois les critiques sur la toile, plus je suis abasourdi par tant d’aveuglement. AVATAR ne serait qu’une prouesse visuelle au scénario réchauffé ? Une simple réussite marketing tout juste bonne a engrossé les poches d’un millionnaire, et ce en contradiction avec le message universel qu’il suinte…? ”Pardonnez nous, pauvres pécheurs”… Nous marchons l’aveuglette. Ce n’est pas un simpe scénario avec le vilain connard Amerloc qui vient bousillé le magnifique éco-système du pauvre indigène Na’vi tout bleu. C’est assez limité comme réflexion. pourtant, nombres de gens pensent de cette manière. Pour eux, c’est un film visuellement révolutionnaire et ce depuis la première apparition de Gollum a l’écran.
Lors d’une présentation nord-américaine d’Avatar, James Cameron explique: «J’ai commencé à écrire Avatar il y a 14 ans». Car le réalisateur de Titanic, film le plus rentable de toute l’histoire du cinéma, et de Terminator, se penche sur ce projet depuis des années. «Quand j’ai présenté le projet à mon équipe, à l’époque, tous les membres ont été formels: la technologie n’existait pas encore pour porter Avatar au grand écran». Il a alors pris la décision de mettre son scénario de côté, tout en étudiant les technologies, à la fois de CGI et d’animation 3D, qui sortaient. «Quand j’ai vu Gollum dans Lord of the Rings, je me suis dit que le moment de remettre Avatar à l’ordre du jour était venu» explique-t-il.
La production d’Avatar a officiellement débuté «il y a quatre ans» souligne James Cameron. L’équipe a d’abord commencé par s’attaquer au design de la planète Pandora. «Nous nous sommes mis à dessiner et à créer les plantes, les terrains et les différents décors de Pandora. Puis, nous nous sommes intéressés aux personnages de ce monde. L’ensemble de ce processus a duré environ un an et demi», ajoute-t-il. En parallèle, l’équipe technique du cinéaste créait la technologie de performance-capture. Comme le souligne James Cameron: «Nous voulions pouvoir filmer les visages des acteurs et inclure leurs prestations dans Avatar, en les mélangeant à du CGI».
Parlant de Pandora, James Cameron se fait presque lyrique. «Pandora ressemble à la Terre. On y trouve une végétation luxuriante, les arbres y font plus de 1000 pi de haut!». Cet endroit presque magique est peuplé d’«une myriade de créatures dont certaines sont magnifiques… et d’autres terrifiantes». Les Na’vi, ces humanoïdes qui peuplent Pandora, et qui se révèleront être beaucoup plus sages que les humains, de l’aveu même du réalisateur, mesurent presque quatre mètres, ont une peau bleue, striée comme celle d’un tigre. «Ils ont un aspect effrayants et se battent quand ils sont provoqués» indique le réalisateur. Contrairement au sens habituellement donné au mot «Avatar», ceux qui sont envoyés sur Pandora «sont des êtres bien réels, qui évoluent dans un véritable environnement» de préciser James Cameron. Chaque avatar est contrôlé par un humain, qui projette son esprit dans ce nouveau corps grâce à une technologie spéciale. «Les humains vivent alors leur vie via cet avatar» explique le réalisateur, «tandis que leur corps d’humain est plongé dans un état comateux».
«La séquence de bataille finale est LA meilleure scène que vous verrez jamais au cinéma», dit James Cameron. Même si on se doute bien, qu’en présentant Avatar, il n’en dira pas de mal, le cinéaste insiste sur le caractère inédit et entièrement nouveau de son prochain film. «Je n’ai jamais rien fait de semblable, je ne suis jamais allé aussi loin» déclare-t-il. «C’est pour ça que nous avons mis quatre ans à développer Avatar. À titre de comparaison, j’avais mis deux ans à accoucher deTitanic». Il souligne aussi qu’un soin extrême a été apporté aux effets spéciaux, au CGI et que le long métrage a «été entièrement tourné en 3D stéréoscopique». Quant aux séquences tournées en live-action, «elles l’ont été au moyen de caméras dont l’invention et la fabrication nous ont pris neuf ans».
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Je vous conseille avant tout d’aller voir ce film comme un changement sur votre façon de voir et d’appréhender le monde. Ce monde qui ne vous appartiens pas, mais auquel vous appartenez. Ouvrez les yeux, Ouvrez vous ainsi vous pourrez exprimer “Je te vois” qui ne signifie pas simplement voir avec ses yeux, de simples effets visuels tapes a l’oeil. Il a toujours plus… Tellement plus. C’est partout autour de vous.
Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu’elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d’entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas.
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Les premières images du second long métrage de Chris Kraus sont a priori un paradoxe en elles-mêmes. Dans l’immobilisme exacerbé d’un corps anonyme, figé au bout d’une corde hors-champ, se condense la rébellion contenue de Jenny. La jeune taularde, fraîchement arrivée entre les murs, pioche, l’air de rien, des cigarettes des poches de la défunte, et crache implicitement au visage de l’humanité, aussi bien aux yeux du monde que du système qu’elle vient d’intégrer. Et s’affirme, sans un mot et en un geste économique, en marge des deux.
L’exclue trouve alors rapidement son absence de marques, entre l’agressivité de ses co-détenues – qui la soupçonnent d’avoir regardé crever leur camarade – et la distance des matons, et se tourne, passive et insolente, vers Traude Krüger, professeur de piano dans l’établissement depuis l’époque des Sturmbahnführer. Leur première rencontre catalyse les émotions de Jenny, piégées jusqu’alors dans la froideur de l’ensemble ; le refus de Traude de donner un cours à cette jeune femme qui présente si mal, ne se lave pas ni ne prend soin de ses mains, donne à sa violence latente une opportunité. Son terrain d’expression sera le visage d’un autre élève de la vieille dame, maton docile qui en prend pour un mois d’arrêt. Et alors que l’étau du système se resserre sur la jeune femme, sa musique rageuse retentit, surdouée, dans l’enceinte de la prison pour femmes.
L’éclat esquisse, déjà, les fondements d’une relation, Jenny reportant sa colère contre Frau Krüger sur une figure d’autorité plus aisément identifiable. Il résume aussi le rapport de la jeune prodige à la musique, entre mépris et dépendance, contrainte et volonté – enfermement et liberté. Ces oppositions constituent le noyau de la narration de Quatre minutes, et lui dictent sa réalisation, qui alterne entre classicisme et anticonformisme. Chris Kraus passe volontairement une bonne partie de son temps à courir après Jenny, revenant sur ses actes par le biais d’une alternance entre les présents de narration, démontrant l’incapacité de la caméra à cerner et contenir son humanité.
Il suffirait pourtant, semble dire Traude de son corps et de sa rigueur, les deux tout aussi droits (par opposition à l’expression corporelle de son élève), d’exclure les autres par le mépris, de juger et d’ordonner, d’exclure l’humain au seul profit de la musique – bien que ce soit impossible. Mais dans sa propre histoire, elle aussi propice aux truchement des époques de narration, Frau Krüger dissimule sa propre rébellion, de nature et non de volonté, contre son pays mais aussi son sexe. Jenny non plus n’est pas une rebelle sans cause, et la musique « de nègre » qu’elle se plait à jouer alors qu’elle maîtrise si bien le classique, n’est pas le résultat d’une opposition. C’est, de ses propres mots, « qui elle est ».
Il n’est pas étonnant finalement, que ces deux femmes trouvent dans leurs égoïsmes, façonnés par des contextes, socio-familiaux et historiques, matière à partager. Dans un défi constant de l’autre, leur relation se base sur la violence des émotions, et trouve refuge et compromis dans l’élan de liberté final du film. Ces quatre minutes, qui lui donnent son titre, sont tout entières à son image. La prestation musicale de Jenny, explosion contestataire mais aussi hommage et déclaration affective, condense la propension du film à naviguer avec insolence entre ses fulgurances, et offre à ses deux femmes, lasses d’aller à contre-courant, un moment de répit. Elles soulignent aussi combien Kraus complète intelligemment son tableau, de bout en bout, à la force d’une bande son qui explicite de façon virtuose les contrastes de cette deuxième réalisation aboutie, et dépasse ainsi son caractère finalement convenu. Hannah Herzsprung, ses mains polymorphes – douces, cogneuses, délicates, ensanglantées – y sont tout simplement exceptionnelles.
Il n’existe pas au monde plus de contradiction qu’entre les deux danseuses de revue Lorelei Lee et Dorothy Show. La première, blonde naïve, n’est intéressée que par les hommes riches et le mot “diamant”, la deuxième, brune à la répartie bien aiguisée, tombe toujours amoureuse de “clochards” comme elle le dit si bien. Décidée à partir en France aux frais de son richissime futur époux, Gus Esmond, Lorelei s’embarque à bord d’une croisière avec Dorothy comme chaperon, toutes deux surveillées de près par un détective privé engagé par Gus.
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A la fin de la deuxième guerre mondiale, la Fox développe une politique de production misant le tout sur la plastique de ses actrices, blondes de préférence. Ainsi elle a très tôt pris sous contrat bon nombre de jeunes filles aux formes avantageuses et achète tous les scénarios pouvant les mettre en avant. L’adaptation sous forme de comédie musicale du livre culte de Anita Loos (écrit en 1925 et déjà adapté en muet en 1928) qui arrive sur les bureaux des producteurs à la fin de l’année 1952 correspond parfaitement à ces critères. La Fox saute sur l’occasion et n’a plus alors qu’à piocher dans ses réserves pour trouver la brune et la blonde. En janvier 1953, Marilyn est à l’affiche du très remarqué Niagara, qui pulvérise immédiatement tous les records. Bien que la qualité du film laisse quelques fois à désirer, Marilyn y interprète quelques unes de ses meilleures scènes, et le rôle de Rose Loomis (une femme perverse et psychopathe à l’érotisme fumant, symbole sexuel par excellence) lui rapporte le prix Redbook du meilleur espoir. Marilyn est au sommet du box-office lorsque La Fox la place dans le casting de sa nouvelle production. Pour faire le pendant de la blonde rêveuse aux jolies fesses, la firme jette son dévolu sur une brune terre à terre à jolie poitrine, aussi célèbre que la première, Jane Russel. Devenue vedette internationale pour son opulente poitrine à la suite de la campagne publicitaire de son premier film The Outlaw (1941) qui fut censuré dès sa sortie, elle a la notoriété adéquate pour former un duo de choc avec Marilyn.
Si l’on aurait pu croire à une stratégie de la Fox de faire revenir Marilyn aux rôles de la blonde idiote qui avaient marqués les débuts de sa carrière. Forte de sa nouvelle renommée et soutenue, voire même encouragée, par sa consœur de tournage, elle prend le personnage au pied de la lettre avec beaucoup d’aplomb et le transcende en ajoutant ses rires, ses clins d’œils et quelques répliques de son cru dont la meilleure reste: “Je peux faire preuve d’intelligence quand c’est important, mais la plupart des hommes n’aiment pas ça”. Il en ressort une Lorelei complètement différente de la pièce d’origine d’Anita Loos, la transformant presque en leader féministe. Jane Russel n’y est pas pour rien dans cette histoire, elle dénonce à travers son personnage le machisme ambiant de l’époque et en profite pour enfin se montrer sur grand écran et prouver ainsi à tous ces admirateurs qu’elle est non seulement belle (et à forte poitrine), mais qu’elle sait aussi excellemment jouer la comédie, chanter et danser. Sans que Hawks n’y prenne garde, son film s’est transformé en une sorte de manifeste féministe d’avant-garde avec des personnages principaux féminins à forts caractères et des seconds rôles masculins qui se laissent embobiner sans rien dire, le summum étant la scène où le détective privé fini en nuisette dans le couloir du bateau.
Un des grands atouts de Les Hommes préfèrent les blondes réside dans son montage. Les scènes musicales y sont agencées de telle sorte que chacune ressort. Le générique tout d’abord nous met en bouche avec Lorelei et Dorothy chantant We’re Just Two Little Girls from Little Rock dans des magnifiques fourreaux rouges à paillettes, fendus jusqu’à mi-cuisse (tenues qui seront les plus utilisées pour les photos de promotion). Une ouverture qui en met plein la vue et qui annonce un développement plutôt “chaud/show”. Après une brève mise en place de la situation, le départ du bateau permet d’enchaîner directement sur le très célèbre Bye Bye Baby qui va d’un solo très enlevé de Jane Russel à un solo très langoureux de Marilyn, en passant par des scènes de groupes très sympathiques et rythmées. Une scène qui reflète la structure du film, une façon de dire aux spectateurs “Accrochez vos ceintures, on démarre et vous n’allez pas être déçus!”. Le bateau démarre donc et c’est Dorothy qui commence aussitôt avec son soloIs There Anyone Here for Love? Zizagant au milieux d’athlètes hypra musclés et dénués de tout attrait physique, elle pétille d’insolence et installe parfaitement le côté anti-machiste de son personnage.
Le choix de Hawks de ne pas faire de scènes musicales au cours de la traversée est plutôt intéressant, laissant ainsi plus de place à l’intrigue (phénomène assez rare dans une comédie musicale de l’époque) et à la comédie. Cette pause permet également de faire ressortir le numéro suivant, où l’on retrouve les deux jeunes femmes sans le sous à la terrasse d’un café parisien, chantant pour les badauds When Love Goes Wrong, Nothing Goes Right. Cette scène qui démarre comme une lamentation devient vite une chorégraphie pleine d’entrain qui rappelle une des scènes de Un Américain à Paris (1951). Nos deux charmantes demoiselles ainsi re-motivées se retrouvent sur les planches d’un grand musical parisien. Un rapide tour dans les coulisses nous apprend que le numéro qui va suivre est à couper le souffle, et Marilyn démarre le solo du film. La scène est répétée toute la nuit avec Jack Cole, tournée onze fois de suite et enregistrée directement avec l’orchestre à la demande de Marilyn, et le résultat est là. Elle maîtrise la scène à merveille et brille de mille feux, offrant des images inoubliables (pour la petite histoire, c’est la scène que choisiront de diffuser toutes les chaînes de télé américaines le jour de sa mort). Moment inoubliable pour nous, mais également pour les personnages du film puisque dans la scène suivante, Dorothy voulant imiter Lorelei reprend cette chanson dans une version beaucoup plus musclée.
C’est au scénariste Beverly Cross que nous devons l’idée de porter à l’écran les aventures mythologiques de Persée, une idée qui germa en 1969, alors qu’il résidait en Grèce. En toute logique, il se tourna vers Charles Schneer et Ray Harryhausen, le duo à l’origine du splendide Jason et les Argonautes. Le récit commence lorsque le roi Acrisios fait jeter à la mer, enfermés dans un cercueil, sa fille Danaé et Persée, l’enfant qu’elle a eu de Zeus. Celui-ci ordonne à Poséidon de les sauver, et de libérer le Kraken, Titan des mers, pour qu’il détruise Argos, la patrie d’Acrisios.
Danaé et Persée échouent sur l’île de Sériphos. Vingt ans plus tard, Zeus transporte Persée à Jappa : il doit reconquérir Argos. Il dispose pour cela du bouclier d’Athéna, d’un casque qui le rend invisible et d’une épée indestructible. A Jappa, il tombe amoureux de la princesse Andromède, frappée d’une terrible malédiction. Pour la libérer, il doit poursuivre un vautour géant, vaincre Calibos, le diabolique fils de Thétis, dompter le cheval ailé Pégase, éliminer le chien bicéphale Dioskylos, affronter les sorcières du Styx, lutter contre deux scorpions géants et combattre la terrifiante Méduse au regard pétrifiant, avant un ultime affrontement avec le Kraken.
Même si Jason et les Argonautes demeure l’incontournable référence en matière de film mythologique, ce Choc des Titans submerge ses spectateurs ébahis de scènes anthologiques et de créatures délirantes : le Kraken, un reptile humanoïde aux traits simiesques doté de quatre bras tentaculaires qui ne doit rien à la mythologie grecque mais plutôt aux légendes nordiques, Calibos, le démon interprété par une figurine animée dans les plans larges et l’acteur Neil McCarthy dans les gros plans, le sinistre vautour géant, le magnifique Pégase, le robotique Bubo, l’agressif Dioskilos… Et bien sûr Méduse, dont l’apparition constitue le clou du film, en une séquence extraordinaire nimbée d’une photographie rougeoyante somptueuse. « L’une de nos grandes références était la photographie des films noirs des années 40 avec Joan Crawford, comme Le Roman de Mildred Pierce, qui jouait beaucoup avec les ombres et avec les éclairages très directionnels », nous raconte Harryhausen. (1)
Persuadé que la présence d’une star ou deux donnerait au film une dimension plus grande que les précédentes productions de Schneer et Harryhausen, Beverly Cross n’y alla pas par quatre chemins et proposa à rien moins que Laurence Olivier le rôle de Zeus. Et celui-ci accepta ! Suivirent Maggie (Professeur McGonagall )Smith en Thétis, Claire Bloom en Héra et Ursula Andress en Aphrodite. Ce dernier choix est plein de symbole, puisque la belle Ursula fit ses débuts à l’écran dans James Bond contre Dr No en émergeant des flots comme la Venus de Boticcelli. La joie de retrouver les vieilles gloires d’Hollywood dans le rôle des dieux de l’Olympe se mêle à celle d’assister aux derniers exploits d’Harryhausen qui signait là ses adieux au cinéma. Le charme kitsch du Choc des Titans s’accordant mal avec le SF high-tech de L’Empire Contre-Attaque, c’est une page du cinéma merveilleux qui se tourna alors, pour laisser place à d’autres magiciens du septième art.
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C’est dès 1969 que le scénariste Beverley Cross (qui a travaillé plusieurs fois avec le tandem formé par le producteur Charles H. Schneer et le concepteur d’effets spéciaux Ray Harryhausen : JASON ET LES ARGONAUTES et SINBAD ET L’OEIL DU TIGRE) a l’idée de transposer au cinéma les légendes de la mythologie grecque rattachées au personnage de Persée. L’idée semble excellente pour un film mettant en vedette les trucages de Harryhausen, mais celui-ci va d’abord se consacrer à deux nouveaux Sinbad : LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD et SINBAD ET L’OEIL DU TIGRE. La machine se met néanmoins en marche à partir du milieu des années 70.
La firme Columbia, partenaire traditionnelle des projets de Schneer et Harryhausen depuis LE MONSTRE VIENT DE LA MER, le premier projet commun des deux hommes, n’est pas très intéressée par cette histoire mythologique. C’est finalement la MGM qui accepte avec enthousiasme de soutenir LE CHOC DES TITANS, en lui accordant un budget de superproduction, le plus gros jamais mis à la disposition de Harryhausen :15 millions de dollars ; pour comparaison, L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE, sorti aussi en 1981, en a coûté dix-huit. Le tournage se déroule en Méditerranée (Espagne, Italie et Malte) et aux studios Pinewood de Londres au cours de l’été 1979 ; puis les séquences d’effets spéciaux sont ensuite réalisées dans l’atelier de Ray Harryhausen durant… 18 mois !
La réalisation du CHOC DES TITANS est confiée au britannique Desmond Davis. Celui-ci a commencé sa carrière comme opérateur, notamment pour certains films fantastiques, tels THE GIANT BEHEMOTHd’Eugene Lourie ou THE TROLLENBERG TERRORproduit par Baker et Berman. Il devint réalisateur en s’inscrivant dans le courant britannique du free cinéma au début des années 1960, qui se situait dans la mouvance de la Nouvelle Vague française : il réalise ainsi LA FILLE AUX YEUX VERTS ouL’ONCLE au début de cette décennie. Mais la crise du cinéma britannique au début des années 1970 le condamne à travailler pour la télévision. LE CHOC DES TITANS aurait pu faire rebondir sa carrière cinématographique, mais il n’en fut rien, et il retourna assez vite travailler pour la télévision anglaise.
Beverley Cross a du se livrer à un travail d’écriture d’une grande complexité pour fournir un scénario suffisamment solide d’une part et permettant à Harryhausen de déployer sont talent mythique de créateur de monstres d’autre part. Pour mieux l’appréhender, voici les grandes lignes de la légende de Persée. Un devin annonce à Acrisios, roi d’Argos, que son petit-fils le tuera. Or, Danaé, la fille d’Acrisios, n’a pas encore eu d’enfant. L’homme, bien décidé à empêcher la prophétie de se concrétiser, décide d’enfermer Danaé dans une tour. Mais Zeus repère la jeune fille, qu’il trouve fort à son goût, et se glisse à ses côtés en traversant les barreaux de sa geôle sous la forme d’une pluie d’or. Il s’ensuit la naissance de Persée. Danaé et son fils sont alors jetés à la mer, dans un coffre, par Acrisios. La mère et l’enfant sont néanmoins recueillis par le roi Polydecte sur l’île de Sériphe. Plus tard, ce roi demande à Persée de lui ramener la tête de Méduse, la plus dangereuse des trois gorgones : en effet, cette femme, dont la chevelure est un grouillement de serpents vivants, possède un regard qui change aussitôt en pierre quiconque le croise… Désireux de prouver sa reconnaissance à Polydecte, Persée accepte : il bénéficiera néanmoins du concours des Dieux dans son entreprise. Après avoir affronté et vaincu les trois Grées (trois horribles et cruelles vieilles sorcières qui ont la particularité de n’avoir qu’un œil pour elles trois), il parvient à décapiter Méduse dans son sommeil. Mais lorsqu’il rentre à Sériphe, il comprend que Polydecte l’a en fait envoyé accomplir cette mission afin de l’éloigner : ce roi ne souhaite que profiter de Danaé, qui doit se réfugier dans un temple pour échapper à ses ardeurs insistantes. A l’aide de la tête de Méduse, dont le regard a toujours les mêmes pouvoirs magiques, Persée change en pierre Polydecte.
Persée connaîtra ensuite d’autres aventures : ainsi il se rend dans le royaume de Céphée, où la Reine Cassiopé s’est montrée odieuse aux Dieux en déclarant que la beauté de sa fille Andromède était supérieure à celle d’Héra, l’épouse de Zeus. Le pays est alors ravagé par des tempêtes déclenchées par Poséidon. Le courroux divin ne sera apaisé que si Andromède est livrée en pâture à un horrible monstre marin qui rôde le long des côtes de la région. Pourtant, au moment du sacrifice, Persée intervient et tue le monstre. Il épouse alors Andromède. Ayant tout pour être heureux, il décide de retourner sur Argos pour se réconcilier avec son grand-père Polydecte. Mais celui-ci, toujours terrifié par la prophétie, se cache. Au cours d’un concours de lancer du disque, c’est bien Persée qui tuera son grand-père, par accident…
La légende de Persée avait déjà été portée à l’écran auparavant dans un péplum mythologique italien de 1963 : PERSÉE L’INVINCIBLE d’Alberto De Martino, avec Richard Harrison dans le rôle-titre. C’est néanmoins un personnage qui a été bien moins souvent transposé à l’écran que certains de ses collègues, comme Ulysse (ULYSSE avec Kirk Douglas…), Hercule (LES TRAVAUX D’HERCULEavec Steve Reeves…), ou même Jason (JASON ET LES ARGONAUTES de Don Chaffey, bien sûr…). Il n’en est pourtant pas de même pour son plus fameux adversaire, la terrifiante Méduse, qui a bien souvent eu droit aux honneurs du grand écran, que ce soit au sein d’oeuvres poétiques (MALPERTUIS de Harry Kumel…), de péplums bien sûr (LES TITANS de Duccio Tessari…), voire même, avec THE GORGON, dans un film d’épouvante Hammer réalisé par Terence Fisher. Mais pour plus de détails, on se reportera au “Ze Craignos Monsters, Le Re-Retour” de Jean-Pierre Putters, qui dédie un chapitre à cette créature légendaire.
Cross et Harryhausen aménagent largement la légende de Persée. Il n’est plus guère question de la prophétie qui annonce la mort de Polydecte, bien que Danaé et son fils soient bien jetés à la mer. Surtout, la première partie du film met en scène le personnage de Calibos (inspiré par Caliban, de LA TEMPÊTE de Shakespeare), fils de la déesse Thétis, et qui, disgracié par Zeus après avoir massacré le troupeau divin des chevaux volants, est devenu un être hideux, mi-homme mi-bête. Andromède, qui lui était promise, refuse désormais de l’épouser. Calibos exige dès lors que les nouveaux prétendants d’Andromède, avant de pouvoir l’épouser, répondent à une énigme de son invention. Toute cette partie est en fait inspirée par LE COMPAGNON DE ROUTE, un conte d’Andersen, dans lequel un méchant sorcier fait peser une malédiction semblable sur une jeune princesse. De son côté, la seconde partie du CHOC DES TITANS mêle de façon fort astucieuse l’épisode de la quête de la tête de Méduse à celui de la libération d’Andromède condamnée à être dévorée par un monstre marin.
La structure du récit sert avant tout à mettre en valeur les créatures inspirées à Ray Harryhausen par la mythologie antique. Comme souvent, c’est avec un certain génie qu’il enrichit visuellement ces mythes, grâce à sa propre imagination. Ainsi, chez lui, Méduse se retrouve pourvue d’une queue de serpent à sonnette. Le monstre marin, devient un Kraken (monstre en fait issu du folklore du nord de l’Europe, et non de la mythologie grecque), dont le haut du corps rappelle fortement l’extra-terrestre créé par Harryhausen pour A DES MILLIONS DE KILOMÈTRES DE LA TERRE de Nathan Juran. La première partie du CHOC DES TITANS permet de créer un vautour géant et Calibos, qui sont en fait des inventions de Harryhausen, sans lien avec la mythologie. Les apparitions superbes de Pégase, le cheval ailé, sont certainement des clous du film : toutefois, dans les légendes grecques, cet animal magique est censé surgir du sang de la Méduse fraîchement décapitée ; il n’en est rien ici, bien que sa réapparition à la fin du film, lorsque Pégase bondit hors de l’océan à l’endroit précis où Persée vient de jeter la tête de Méduse, semble renvoyer à cette métamorphose. Par contre, du sang de cette Gorgone surgissent trois affreux scorpions géants qui vont donner bien du fil à retordre à Persée.
Le passage le plus réussi du CHOC DES TITANSest certainement l’expédition sur la sinistre île de la mort, située en lisière des enfers. Après avoir traversé le Styx à bord de la barque de Caron, Persée et ses hommes débarquent sur cet îlot sinistre où ils rencontrent d’abord Dioskilos, un chien bicéphale inspiré par Cerbère, le gardien des enfers : cette séquence a été tournée sur le site archéologique de Paestum, en Italie, dans les ruines de temples bâtis par des colons grecs pendant l’Antiquité ; c’était d’ailleurs au même endroit qu’avait été filmée la fameuse séquence des harpies dans JASON ET LES ARGONAUTES. Puis Persée affronte Méduse, dans une splendide séquence horrifique située dans un lugubre sanctuaire souterrain, dont Mario Bava n’aurait pas renié les éclairages expressionnistes.
Comme toujours, on admire la beauté et le raffinement du détail des modèles construits avec un soin inouï par Harryhausen, particulièrement le superbe Pégase ou la très expressive Méduse. L’animation est d’une fluidité absolument impeccable tandis que les interactions entre les créatures animées image par image et les acteurs sont absolument sidérantes. Hélas tout cela est un peu gâché dans certaines séquences par des problèmes de variations de contrastes ou de granulation entre plusieurs éléments de certains plans et de certaines scènes.
Encore une fois, au-delà du récit d’aventures,Harryhausen et Cross proposent une approche pertinente de la mythologie antique. Le monde des mortels est soumis aux comportements capricieux des Dieux, pourvus de défauts tout à fait humains. Si parfois ils se font passer pour justicier, leurs actes sont aussi marqués parfois par un favoritisme trop magnanime, ou par une sévérité trop impitoyable. Ainsi, les destins de Méduse (changée en monstre à cause de la jalousie de Héra) ou de Calibos (puni sans aucune pitié par Zeus) sont en fait pathétiques. La scène de l’enlèvement d’Andromède est à ce titre admirable d’intelligence : si Calibos se montre impitoyable, il ne fait que calquer son comportement sur celui que les dieux ont eu envers lui.
Si LE CHOC DES TITANS est indéniablement une grande réussite du tandem Schneer/Harryhausen, il a aussi le triste privilège d’être le dernier de la série de films merveilleux qu’ils ont consacrés au fantastique. En effet, on dit que Harryhausen travailla ensuite sur le projet d’un nouveau Sinbad, mais concrètement, rien de neuf n’est sorti de ses ateliers magiques depuis 1981. Harryhausen avouait avoir pris sa retraite en partie parce qu’il ne se sentait plus à l’aise avec la façon dont on gère les trucages aujourd’hui. Maître-artisan passionné et consciencieux, il ne se voit pas à la tête d’une vaste entreprise d’effets spéciaux où il ne serait plus qu’un donneur d’ordres assis derrière un bureau. Toutefois, il a récemment été annoncé qu’il avait terminé un film d’animation, inspiré parLE LIÈVRE ET LA TORTUE de La Fontaine, démarré dans les années 50 et dont la première devrait avoir lieu à Los Angeles en décembre 2002.
Il n’en reste pas moins que, fort de ce statut de “dernier Harryhausen”, LE CHOC DES TITANS se voit toujours avec une certaine mélancolie. La belle conclusion de ce métrage, au cours de laquelle Zeus inscrit pour l’éternité les figures de Persée, Pégase et leurs amis dans les étoiles, paraît, rétrospectivement, trahir une nostalgie d’un temps mythique où la réalité et le fantastique étaient mêlés inextricablement. Dès lors, LE CHOC DES TITANSévoque avant tout un bouleversant adieu aux héros et aux légendes.
Marcello, journaliste autant que paparazzi (terme par ailleurs inventé depuis la sortie du film, du nom d’un des journaliste appelé Paparazzo), est à l’affût de ragots pour sa revue. Ses virées dans Rome vont l’amener à découvrir les recoins de la faune de la capitale Italienne.
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“Ce sentiment d’émerveillement, de stupeur ravie, d’incrédulité que l’on éprouve devant les créatures exceptionnelles comme la girafe, l’éléphant, le baobab”, Fellini raconte l’avoir ressenti lorsqu’il rencontre pour la première fois Anita Ekberg. Il prétend de plus qu’elle est “phosphorescente”. Qualificatif bien fellinien dans son exagération et sa poésie, mais ô combien pertinent au souvenir des images qui se sont imprimées dans notre rétine. Anita flamboyante de blancheur dans sa robe noire, paumée du petit matin dans la fontaine de Trévi, ou déguisée en cardinal sur la terrasse de Saint-Pierre (énorme scandale à L’Osservatore Romano, le journal du Vatican, on parlera de brûler le négatif, de retirer son passeport à Fellini…).
Anita Ekberg est Sylvia, la star, personnage fellinien emblématique, à la fois ange, mère et démon au milieu d’une Rome en pleine déliquescence, dont le cœur faisandé bat sur quelques centaines de mètres, la courbe de la via Veneto. Et dont la nuit est scandée par des fêtes où se pressent faune interlope, vedettes en toc et aristocratie rescapée du fascisme. Faux miracles, faux intellos, vraie débauche, vraie dépravation, perversion, décadence et bacchanales en tous genres sous les flashes des paparazzi. En contrepoint, le mal de vivre de Marcello le journaliste, homme faible, porté par les événements, sans prise sur sa vie, abandonné par ceux qui comptent un peu pour lui (son meilleur ami se suicide, son père est victime d’une crise cardiaque dans les bras d’une prostituée) jusqu’à l’inoubliable dernière scène par un matin blême sur la plage d’Ostie. Image d’espoir et de réconciliation ou image de regret et de jamais plus ? Fellini laisse la porte ouverte à toutes les interprétations en attardant sa caméra sur un visage de jeune fille à la pure beauté botticellienne.
Radioscopie d’une époque en perdition, loin d’emboucher les trompettes moralisatrices (évidemment Fellini ne serait plus Fellini s’il entrait dans ce jeu-là), La dolce vita est un constat désenchanté, fébrile et bourré d’inquiétude. Un film gueule de bois, lucide et dérangeant. La mort est là, en trame omniprésente, le temps qui passe et le questionnement sur le sens de l’existence sous-entendus en permanence. En dehors du décryptage que chacun peut en faire, cette fresque d’une vie qui n’est douce que par euphémisme restera dans l’histoire du septième art comme le film de maturité de Fellini, celui où il inaugure et maîtrise – avec quel brio – le langage si personnel qui sera désormais sa marque de fabrique. Scénario destructuré, perfection du noir et blanc, scènes d’anthologie, outrances contrôlées, beauté formelle éblouissante, sans oublier la musique lancinante de Nino Rota. Du très grand cinéma.
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Federico Fellini est un cinéaste quasi-religieux. Les nuits de Cabiria et surtout Il Bidone témoignaient à la fois de son goût pour la satire et sa fascination vis-à-vis de la religion. A ce propos, il est amusant de noter à quel point Fellini pose le décor et les enjeux du film dès l’ouverture de celui-ci : on y voit une statue représentant le Christ, rattachée à un hélicoptère, volant au dessus et s’éloignant progressivement de la capitale Italienne. La Dolce Vita est à l’image de cette statue : Fellini va d’emblée se distancer de tout ce qui fondait son cinéma jusqu’alors en remettant en cause et la société dans laquelle il vit et sa manière d’appréhender le cinéma.
Le cinéma de Fellini n’a jamais rien raconté, ou si peu. La Dolce Vita, un de ses films les plus célèbres avec 8 1/2, ne déroge pas à la règle. Fellini nous offre d’emblée de suivre les facéties et extravagances du personnage principal de son film. En effet, Marcello, incarné avec toujours autant d’intériorité et de minimalisme par Marcello Mastroianni, se déplace dans l’espace comme le spectateur qui découvre le film. Ceci est d’autant plus frappant que son métier de journalisme lui impose d’être constamment aux aguets, à l’affût du moindre détail croustillant.
Le film, tout comme Roma par exemple, n’offre point de rattachement possible au spectateur, point de personnages sur lequel ce dernier pourrait s’identifier tant Fellini aime nous mener par le bout du nez dans son labyrinthe cinématographique. Le film peut donc logiquement être considéré comme une espèce de voyage dans le Rome actuel, voyage ponctué selon les moments du film par la musique (visible à l’écran par l’entremise de musiciens jouant de leurs instruments), qu’elle soit rock, Jazz ou bien de Chambre.
C’est à n’en point douter le sentiment d’égarement que ressent le spectateur à la vision du film qui est à l’origine du scandale qu’il a provoqué. Si certains ont clamé à l’époque queLa Dolce Vita était un film sur la débauche, nul doute que les détracteurs du film se sont sentis gênés par la maîtrise de Fellini, et ce peut-être de façon inconsciente. Mais cette forme très éclatée ne fait en fait que refléter un fond et un propos en totale adéquation avec la mise en scène. Comment ne pas voir en La Dolce Vita une dénonciation du fascisme, du figement de la société Italienne de l’époque? : La Dolce Vita appartient à la catégorie de film qui tentent de nous prendre par la main pour nous emmener sur des terrains inconnus; au risque de laisser nombres de spectateurs sur le bord de la route. Film audacieux, cette qualité peut se révéler être par instants un défaut : car oui, La Dolce Vita, tantôt fascine, intrigue, ennuie.
Ces imperfections laissent supposer que le film est à considérer comme une œuvre transitoire, de celle où l’artiste se cherche afin de conquérir de nouvelles terres d’inspirations et de créations. De création, il en sera effectivement question dans son film suivant, considéré comme son plus grand, 8 ½.
La Dolce Vita ressemble donc à un disque que l’on connaît par cœur ou bien à un recueil photo de sa famille. Un objet dans lequel on aime se perdre, s’aventurer même si l’on en connaît beaucoup de détails (parfois anthologiques). Le DVD semble avoir été crée pour voir des films comme celui-ci sortir sur ce format. Le chapitrage du film épouse brillamment les courbures scénaristiques du film, le spectateur pouvant s’y aventurer comme il l’entend.
Un film que l’on peut donc voir à son gré, revoir certaines scènes sans ordre particulier, celles que l’on aime. Bref, en faisant un montage personnel, en créant sa propre Dolce Vita.
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Extrait, La fontaine: Pour expliquer la scène qui va être en Ita sous titré Ang, c’est Marcello le journaliste qui se voit se mettre a chercher du lait pour un chaton trouvé par Sylvia, Star Montante. Quand il revient, il la trouve en train de faire trempette dans la fontaine de Trevi
Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui va le pousser à sa perte…
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A l’origine, John Boorman souhaitait adapter Le Seigneur des anneaux. Mais n’ayant pu obtenir les droits de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, il s’est rabattu sur les légendes de la table ronde.
L’épée Excalibur que l’on voit dans le film a été forgée par l’entreprise “Wilkinson’s sword” fondée en 1772 et qui est maintenant connue pour ses rasoirs.
Katrine Boorman, qui prête ses traits à la malheureuse Igrayne, n’est autre que la fille du réalisateur John Boorman. Son autre fille, Telsche Boorman, incarne, quant à elle, la dame du lac. Personne ne voulant s’immerger dans les eaux glaciales, le réalisateur a finalement choisi une de ses filles pour tourner la scène.
Helen Mirren (Morgane) et Nicol Williamson (Merlin) avaient joué ensemble dans la pièce Macbeth quelques années avant le tournage. Malheureusement, leur collaboration s’étant mal passée, ils étaient restés en mauvais termes refusant chacun de jouer à nouveau ensemble. John Boorman a pourtant insisté pour les avoir tous les deux, comptant sur cette rivalité pour apporter plus de tension à leurs scènes.
Particulièrement sombre, la scène d’ouverture a posé de nombreux problèmes à l’équipe. Demandant un grand nombre de figurants et une organisation sans faille, elle fut tournée une première fois mais les rush furent malheureusement inexploitables… Suite à une erreur de calcul, les images étaient sous-exposées. Un incident qui a conduit le cameraman à faire une dépression nerveuse.
Le tournage d’Excalibur s’est déroulé en Irlande. Certaines prises de vue ont même eu lieu à quelques mètres de la maison de John Boorman comme pour la scène du tournoi.
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Ce film est certainement l’une des plus belles œuvres du 7e Art, l’une des plus parfaites aussi. Et c’est l’une des meilleures adaptations du mythe, tout support confondu. En une symbiose mirifique d’images hallucinantes, de musiques fabuleuses, d’acteurs magnifiques et d’intelligence, les légendes des chevaliers de la table ronde, trouvent leur plus splendide incarnation. Il n’y a pas grand chose à dire sur Excalibur, le film parle de lui-même sans nécessiter de grandes dissertations.
Une œuvre qui raconte la fin d’une époque, au moment où les anciennes croyances, les anciennes magies sont remplacées par le Dieu unique. Cette période fantastique où se cotoient mille et une légendes est décrite avec beaucoup de finesse par Boorman. Et c’est l’aspect le plus intéressant du film, cette transition entre deux mondes, quand le Dragon se tait, que les magiciens s’endorment, que se perdent les mythes des premiers âges et que vient le temps des Hommes. Excalibur, et c’est là tout le génie de cette adaptation, n’a rien d’un film Chrétien, au contraire. C’est une grande œuvre Nietzschéenne où triomphe la volonté des hommes. Le Graal sert le Roi, celui dont la volonté et la Terre ne font qu’un. Certes il y a l’idée d’un sacrifice propre à ouvrir la voie pour une humanité nouvelle, un sacrifice et une résurrection (comme le dit la légende : Rex Quondam Rexque Futurus). Excalibur et 2001 seraient-ils étroitement liés ? Sans doute. En tout cas, le film de Boorman, sans être rébarbatif, se permet quelques moments de philosophies délicats entre deux scènes de barbarie. En cela il est parfaitement secondé par un Nicol Williamson tout simplement génial dans chacune de ses apparitions et qui restera à jamais comme l’incarnation parfaite du magicien/philosophe/ prophète/comique/protecteur Merlin. Le film ne serait sans doute pas aussi réussi sans cet acteur fabuleux.
Si Excalibur touche à ce point l’imaginaire du spectateur, c’est sans doute parce qu’il prend son inspiration dans des mythes fondamentaux de la civilisation occidentale et finalement aussi du monde entier. Car lorsque l’on découvre des œuvres comme Zu et The Blade de Tsui Hark, The Bride With White Hair de Ronny Yu ou Les Sept Samouraïs de Kurosawa, on retrouve les mêmes sensations que devant le film de Boorman. Il y a une mythologie très puissante du guerrier, de la magie, des monstres et des merveilles. C’est cette imagerie collective qui a assuré le succès culte du Seigneur des Anneaux de Tolkien (grand architecte de légendes s’il en est) et qui assurera sans l’ombre d’un doute le succès tout aussi culte de l’adaptation cinématographique de cet ouvrage fondamental par Peter Jackson. Excalibur est une splendide illustration de ces références qui hantent bon nombre d’esprits. Et si Boorman flirte souvent avec la faute de goût, il s’en sort toujours à la force de l’image sublime et du symbole primordial. Et comme je le disais plus haut, sa plus grande réussite thématique dans ce film est de revenir le plus possible au source, en écorchant la surface chrétienne pour découvrir les inspirations profondes des mythes arthuriens qui eux-mêmes s’inspirent de légendes plus anciennes, aussi bien celtes que greco-romaines et donc asiatiques. Excalibur en utilisant un médium populaire, semble nous réapprendre à considérer le Mythe pour ce qu’il est : une indispensable nourriture spirituelle.
Mais Excalibur est aussi un grand spectacle, très riche, très impressionnant, en particulier grâce à une photographie de toute beauté, digne des meilleurs Kubrick. Kubrick encore, auquel on pense beaucoup dans cette recherche de l’adéquation entre les images et une musique déjà existante. Boorman réussie avec un brio incroyable cette symbiose, en particulier lors d’un final hallucinant où l’action et le montage du film sont dictés par des extraits de la Mort de Siegfried de Wagner. Boorman a utilisé ce passage magistral du Crépuscule des Dieux (référence toujours) dans son intégralité, sans coupes ni accélération et l’extrait lie toute la séquence finale ainsi que le générique de fin en une durée parfaite. Extrêmement impressionnant. Tout aussi formidable et beaucoup plus connues sont les chevauchées au son des Carmina Burana d’Orff, plus emphatiques que les discrets échos du Prélude de Parsifal (encore de Wagner) qui viennent pourtant soutenir certains des plus beaux instants du film. En clair, la bande son participe grandement à la perfection de l’oeuvre.
Et donc, ce final, dont la beauté plastique, la richesse symbolique et la force émotionnelle ne peuvent que transporter le spectateur ; ce final est l’accomplissement du Crépuscule des Dieux/Mythes, et l’Aube du Temps des Hommes. Merlin, endormi, lien entre le Dragon (lui aussi endormi, cette force vive et animiste de la Nature) et les Hommes, incarne la promesse que la Magie sera toujours présente dans les rêves des Hommes… ou dans leur cauchemars… Lancelot, l’Homme déchu par son péché, mais repenti par son honneur, en devenant l’idéal chevaleresque, signe paradoxalement la fin du Moyen-Age et de valeurs vouées à l’extinction. Perceval, l’Homme tel que Merlin l’annonçait, perdu entre le réel et le mystique, impuissant face à la Nature et donc obligé de faire retour sur lui-même pour ouvrir des temps nouveaux, c’est en lui-même que Perceval trouve le Graal. Et Arthur, le lien entre les deux ères, invitant par son immortalité supposée à poursuivre indéfiniment les quêtes humaines, à trouver la sagesse/la force dans l’intériorité et à l’exprimer ainsi pleinement dans l’extériorité ; ainsi Arthur triomphe de la superstition, de l’illusion, de l’orgueil, etc… toutes les chimères de l’Homme incarnées par Mordred. Triomphe discret, victoire solitaire, conclusion mélancolique car toujours à recommencer…
Si on ajoute à cela des acteurs fabuleux (et pas seulement Williamson, Nigel Terry ou Gabriel Byrne s’avèrent presque aussi excellents), le découpage du film qui lui assure un rythme soutenu sans pour autant virer au fouillis, des idées de mise en scène vraiment géniales (que ce soit dans les plans ou dans les éclairages), une histoire connue mais retravaillée dans le but d’en tirer la plus pure essence (quitte à parfois ne miser que sur le symbolique), un nombre phénoménal de moments forts, etc… on obtient un Chef-d’Oeuvre Absolu, indémodable, à la fois figé dans sa perfection et extrêmement vivant. Excalibur est le point d’orgue de la carrière très inégale de John Boorman, qui est capable du meilleur (Délivrance) comme du pire de chez pire (Zardoz) et qui semble avoir été exalté, voire dépassé par son projet monstre. Quand le 7e Art affirme son Sublime.
Très attiré par l’occultisme et doté d’une vaste culture, Tod Browning a donné naissance à l’une des oeuvres les plus insolites du cinéma Il aime à disserter sur la relativité des apparences et de la morale. Ses films qui s’attachent à décrire l’humanité des monstres sous leurs difformités physiques, sont des plaidoyers pleins de tendresse pour les êtres marginaux.
Tod Browning
Révoltée, en 1920, le premier film de gangsters, le rend célèbre. En 1925, il est engagé par Irving Thalberg à la MGM. Il dirige l’acteur Lon Chaney dans Le club des trois (1925). Le réalisateur et l’acteur se trouvèrent de telles affinités dans leur conception du cinéma et leur attirance pour le mélodrame criminel qu’ils devaient tourner sept autres films ensemble durant les cinq années suivantes:L’oiseau noir (1926), La route de Mandalay, Londres après la pluie (1927),L’inconnu (1927), Le loup de soie noire (1928), A l’ouest de Zanzibar (1928) etLoin vers l’est (1929). Les huit films et de leur association font naître une certaine forme de mélodrame fort populaire, qui cultive le bizarre avec un grand sens poétique (Lon Chaney, surprenant comédien expert en rôles insolites et en maquillages horrifiants interprète une vieille dame, dans Le club des trois, un infirme dans L’oiseau noir, un borgne dans La route de Mandalay, un mancho fou d’amour pour la debutante Joan Crawford dans L’inconnu, un paraplégique ne se déplaçant que dans un fauteuil roulant en osier ou rampant sur le sol en traînant derrière lui des jambes inutiles dans A l’ouest de Zanzibar.
Lon Chaney meurt en 1930 alors qu’ils projetaient de tourner ensemble la première version sonore de Dracula (il sera remplacé par Bela Lugosi) : le film obtient un très vif succès. En 1932, Browning dirige son film le plus personnel, Freaks, qui sera un désastre financier. Il meurt d’un cancer de la gorge le 6 octobre 1962 à Malibu.
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Dracula
A Bistritz, localité d’Europe Centrale, arrive un soir un voyageur du nom de Renfield. Il se rend, pour affaire, au château du comte Dracula, cela malgré les avertissements des villageois qui tentent de le détourner de son projet. Le château en ruine semble inhabité, mais le comte, en tenue de soirée, est là sur le seuil pour l’accueillir, un candélabre d’argent à la main.
La terreur et l’hallucination commencent pour le voyageur. Pendant la nuit, il voit entrer trois femmes qui l’entourent et lui font au cou une morsure. Puis, tombé dans un sommeil hypnotique, Renfield est emmené en même temps que de grandes caisses mystérieuses, à bord d’un voilier, par le comte Dracula. Après avoir échappé à une violente tempête, le voilier aborde les côtes d’Angleterre. Les passagers sont morts, sauf Renfield soumis désormais aux volontés de Dracula, le Maître des Vampires.
Renfield est interné dans la maison de santé du Docteur Seward dont la fille, Mina, est fiancée à John Harker, un ami du dément. Le comte Dracula, lui, a pris possession de l’Abbaye de Carfax, voisine de la propriété du Docteur Seward. Une série de crimes étranges vont bientôt désoler chaque nuit la contrée. John Harker fait alors appel au professeur Van Helsing, célèbre pour ses études sur le vampirisme, pour examiner sa fiancée dont les forces déclinent inexplicablement. Van Helsing soupçonne Dracula d’être le coupable, mais celui-ci est invulnérable et repose le jour dans son tombeau.
Dans la chapelle de l’Abbaye, Van Helsing découvre enfin le cercueil de Dracula. À l’aide d’un pieu enfoncé dans le coeur du vampire, Van Helsing détruit définitivement le monstre.
premier film fantastique de l’ère du parlant. En 1930, la Universal prend la décision d’adapter le roman de Bram Stoker, ou plus précisément la pièce de théâtre qui en est tirée et qui triomphe encore à Broadway, avec Bela Lugosi dans le rôle titre.
Lon Chaney, acteur mythique du cinéma muet, de son surnom « l’homme aux mille visages », est prévu pour interpréter le comte Dracula. Mais il décède d’un cancer du poumon peu avant le tournage. Laemmle mise alors tout sur un acteur chevronné qui connait le personnage sur le bout des doigts, plus que quiconque, et qui l’a joué des centaines de fois sur les planches… Bela Lugosi entre ainsi dans la légende.
L’œuvre bénéficiera d’un énorme succès public et critique, ce qui donnera envie à la Universal de continuer sur cette lancée, érigeant par ce biais un style incomparable au sein du cinéma de genre hollywoodien..
A noter, que Bela Lugosi était tellement obsédé par son rôle qu’il dormait dans un cercueil dans la vie de tous les jours.
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FREAKS
(La Monstrueuse Parade )
Fiancé à Frieda l’écuyère lilliputienne du cirque Tetrallini, le lilliputien Hans est fasciné par la beauté de Cléopâtre, une acrobate, maîtresse de l’athlète Hercule qui vient d’être abandonné par Vénus, dont Phroso le clown est amoureux. Cléopâtre prend plaisir à provoquer Hans qui est de plus en plus épris. Apprenant que celui-ci vient d’hériter d’une grosse somme d’argent, elle décide de l’épouser pour s’approprier sa fortune puis, avec la complicité d’Hercule, de l’empoisonner. Malgré les efforts de Frieda, le mariage a lieu. Au cours du repas de noce Cléopâtre, ivre injurie les phénomènes du cirque rassemblés et humilie Hans. Cléopâtre a commencé à administrer le poison à Hans. Mais le complot est découvert et, pendant une nuit de tempête, les monstres donnent libre cours à leur vengeance : Hercule est poignardé et Cléopâtre. déformée par les mutilations, sera exhibée comme “poule humaine”…
Il existe plusieurs fins à ce film. Initialement d’une durée de 90 minutes, après plusieurs coupes et remontages, il sera réduit à 64 minutes, pour la version la plus connue. Dans celle-ci, le film se termine par la vision cauchemardesque de Cléopâtre, dont le corps est désormais celui d’une poule, présentée comme un monstre à son tour… Une autre version du film se termine un peu plus tard, avec une scène montrant les retrouvailles de Hans et Frieda, après que celle-ci ait pardonné à son fiancé son infidélité. Mais dans la première version qu’avait tournée le réalisateur (invisible à ce jour), Hercule était également castré. Cette version ne fit évidemment pas l’unanimité chez les producteurs et fut donc censurée. On ne verra donc que le sort réservé à la trapéziste, la dernière image d’Hercule le montrant paniqué par les amis de Hans qui arrivent vers lui.
Autour de cette intrigue, Browning dépeint la vie quotidienne du cirque, par de petites histoires secondaires. Il décrit ses pensionnaires comme des gens ordinaires, avec les mêmes soucis que n’importe qui. Le fait est que le réalisateur connaît bien le milieu, puisqu’il a lui-même travaillé dans un cirque, entre 16 et 30 ans. Il connaît cette vie, elle fait partie intégrante de sa culture, et c’est ce qui lui permet de dépasser les clichés. Il montre un monde réaliste, réalisme qu’il pousse jusqu’à engager non pas des acteurs, mais de véritables “freaks” appartenant au cirque Barnum. Tout est donc bien réel, et cela contribue à créer le malaise ambiant, d’autant que Browning n’hésite pas à jouer sur certaines ambiguïtés, par exemple le fait que les acteurs qui incarnent les amoureux Hans et Frieda étaient frère et sœur dans la réalité…
Le message évident de Freaks est que les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Si Cléopâtre correspond aux normes physiques par sa beauté, à l’intérieur, elle est la plus laide de tous les personnages, la plus monstrueuse. C’est le regard que l’on porte sur les autres qui détermine leur état. N’étant pas habitués à la vision d’une femme/poule, les spectateurs qui viennent voir Cléopâtre à la fin du film sont horrifiés, certains crient. L’ancienne beauté est donc devenue un monstre, et cette monstruosité n’est désormais plus seulement intérieure, mais visible par tous. Nous sommes tous des monstres potentiels, voilà ce que nous dit Freaks. Un message universel, qui se vérifiera dès l’année suivante avec la montée du nazisme, et un film qui restera comme le chef-d’œuvre de son réalisateur, inspirant plusieurs cinéastes, notamment le magnifique Elephant Man de David Lynch.
“Nous ne vous avons pas menti, nous vous avions annoncé des monstres, et vous avez vu des monstres. Ils vous ont fait rire et trembler… Pourtant, si le hasard l’avait voulu, vous pourriez être l’un d’eux. Ils n’ont pas demandé à naître, mais ils sont nés, ils vivent. Ils ont leurs codes, leurs lois. Offenser l’un d’entre eux, c’est les offenser tous…“.